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 Rp japan spirit

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MessageSujet: Rp japan spirit   Mar 14 Nov 2006 - 17:53

En préambule je dirais seulement que takeo était plus qu'un ami pour moi à tous les sens du terme et que je lui souhaite un trés bon retour à la vie rééle , après qu'il ait abandonné son compte top 20 Wink



Mon frère... mon aniki…

Je suis sur une haute colline, dominant les restes du champ de bataille où nous avons triomphé du clan
Minamoto. Il m'est difficile de croire qu'il y a à peine cinq ans, j'étais là où tu te trouves, à lire une lettre de mon frère aîné, écrite sur le champ de bataille, qui contenait les mêmes mots que celle que tu tiens entre tes mains.
Je repense maintenant, aux voix de nos ancêtres, chantant dans mon âme: si belles, si puissantes, si présentes. Elles sont innombrables, un choeur parfait, et leurs mots semblent si effrayants, mais maintenant... Il y a quelque chose de plus. Quelque chose que je ne pouvais trouver, que je ne pouvais exprimer. Du moins jusqu'à cet instant, en écrivant ces mots, pour toi.



La bataille contre le
Shogun de Minamoto ne se déroulait pas comme nous l'avions prévu. La vallée offrait peu de couvert de leurs flèches, alors qu'ils tenaient la colline sur laquelle je suis maintenant. Alors que ceux de notre première ligne marchaient sur eux, se protégeant avec leurs boucliers levés contre la pluie de traits, leurs Shugenjas (magiciens du dojo) lancèrent un feu destructeur qui repoussa nos hommes, et nombreux furent ceux qui y succombèrent. J'entendis le bruit des os brisés, les cris des hommes, encore plus jeunes que moi, alors qu'ils tombaient au sol, brûlés par ce feu mystique.
Puis le second rang se mit en place, lances levées et lèvres serrées. Les flèches tombèrent alors qu'ils avançaient. Je vis l'un d'eux en être tellement criblé, que sa peau glissait sur son crâne. Un autre tomba en avant, enfonçant plus profondément les traits qu'il avait reçu dans son corps, ses cris résonnant dans mes oreilles. A ce moment j'entendis le général appeler notre bataillon, par pur instinct, je me mis en position, puis regardais à ma gauche la rangée d'hommes qui se tenait là avec moi. Pendant cinq ans, je les avais entraîné et je m'étais battu à leurs cotés; et alors que nous regardions la colline et les corps de ceux qui étaient tombés devant nous, je sentis quelque chose s'insinuer en moi.
C'était la peur. La pure et haïssable peur, me tenaillant les tripes et paralysant mes jambes, me disant de rester là. Elle se répandait en moi, comme une maladie, me murmurant que seul un fou chargerait une colline où des centaines d'autres étaient tombés. Je regardais alors les hommes qui se tenaient à coté de moi, et réalisais qu'ils me regardaient.

Ils me regardaient.

Soudain, je me souvins qui j'étais. Pas celui que tu connais et que tu vois avec père et mère, mais celui que j'étais pour eux. Et ce que je représentais pour eux. J'entendis l'ordre de charger du général, mais alors même que j'entendais les mots, je sentis autre chose. Je sentis mon âme emplie d'un chant. C'était un chant parlant d'anciennes guerres, et de morts dont nul ne se souviendra jamais. Et tous ces chants formaient un grand chant qui disait ceci.

Nous avons saigné.
Nous avons souffert.
Nous avons brûlé.
Et nous avons fait tout cela
Pour toi.

Une centaine de milliers d'âmes, chantant, souffrant, et me regardant. C'est un chant dont les mots sont trop forts pour être entendus par un homme.

Je regarde les hommes qui sont à coté de moi. Ils suivent mes ordres, ils m'obéissent quand je commande, et me regardent pour trouver le courage qui leur manque. Je ne peux pas leur montrer ma peur. Je ne peux pas leur parler de ma peur. Si ils voient ne serais-ce qu'une trace de ce qui me ravage, nous ne prendront jamais cette colline, et nous rejoindrons nos frères, qui saignent, meurent et hurlent.
Je les regarde, et laisse mes yeux leur faire voir le feu qu’ils savent être là. Le chant résonne dans mon âme et dans ma voix alors que je donne mes ordres. Ce n'est pas ma voix qui commande.
C'est le chant.
Ces cent mille voix qu'ils sentent aussi dans leur coeur, résonnant sur le champ de bataille. Ils entendent ce chant, et je vois dans leurs yeux la même lumière que je sens grandir en moi. Le chant emplit l'air et se retrouve dans leur voix. Et soudain, je ne peux plus contrôler mon propre coeur. Il bat à tout rompre dans ma poitrine. Mes pieds bougent sans que je le veuille. Mes mains s'agrippent à ma lance, et l'homme à coté de moi porte haut les couleurs de notre bataillon. Nos cris s'unissent en un seul. Et les voix de tous les tigres qui n’ont jamais vécu rejoignent les nôtres.

Et nous chargeons.



Je me souviens du sable glissant sous mes pieds, alors que ma main gauche s'agrippait au flanc de la colline, et que la lance dans ma main droite me servait d'appui. Des hommes tombaient devant et derrière nous, mais à chaque fois que l'un des notre tombait, il y en avait un autre pour le remplacer. Le chant emplissait ma tête. Je sentis deux flèches m'atteindre, mais le chant ne m'abandonnerait pas. La montée dura une éternité. Pour chaque étape que nous franchissions, il me semblait que les
Minamoto en ajoutaient deux à notre ascension. Nous poussions, nous combattions, nous criions. Je sentais des larmes couler sur mes joues. Même si je mourrais à ici, si mon âme était brûlée par le feu des enfers, je savais, à cet instant ci, que je ne revivrai jamais un moment comme celui là. La mort était en face de moi, me regardant, et il y avait des larmes dans mes yeux et un chant dans mon coeur. Et le chant n'était pas plus grand que la peur.
Mais moi, si.
A cet instant précis, je l'étais.
Nous l'étions tous.
Nous avons heurté le mur des ennemis comme une tempête. Il jetèrent leurs arcs et prirent leurs épées, et le métal trancha la chair, et des hommes tombèrent, étreignant leurs blessures. Les
Minamoto reculèrent, et nous avancions. Je sentis le chant se frayer un chemin jusqu'à mes lèvres, et les cris de mes hommes étaient comme un écho au mien. Le chant frappa les samouraïs comme le feu des Shugenjas.



Mon épée trancha trois fois avant qu'une flèche n'atteigne mon bras. Un cri s'échappa de mes lèvres tandis que je chargeais le shogun des Minamoto, et je vis la peur faire briller ses yeux comme les écailles d'un poisson. Un coup. Il tomba. Je ne m'arrêtais pas.
Plus de sang, plus de corps. Les
Shugenjas jetèrent leur feu à nouveau, tuant la moitié de mes hommes. Mais la ligne ennemie se brisa: ils étaient divisés. Les hommes derrière nous chargèrent sur la colline, de même que ceux des flancs gauche et droit. Les guerriers tombaient sous nos lames. Et aussi soudain qu'il était venu, le chant disparu.

Il avait disparu.

Je tombais au sol alors que le carnage continuait autour de moi. Je sentis des mains sur mes épaules, et de l'eau sur mes lèvres. J'entendis une voix qui disait "Buvez ceci", et je regardais. Je vis un homme à genoux au dessus de moi, des larmes dans les yeux. "Reposez vous maintenant".
J'opinais de la tête.
C'était il y a cinq minutes.
Je lui aie récité tout cela alors qu'il écoutait et hochait la tête. Il se souviendra de mes mots, je le sais. Ensuite, il les mettra sur le papier, pour que tu puisses les lire.
J'ai presque fini maintenant. Je suis presque prêt à rejoindre le chant qui m'a amené ici. Presque.
J'ai une dernière chose à dire. Un dernier présent pour toi, mon frère. Tu es presque prêt à devenir un homme. Presque prêt. Mais même après cette cérémonie, tu n'auras pas tout fait. Non. Il y a bien plus. C'est un bien plus long voyage que cela.
Le chant.
Un jour, toi aussi tu ajouteras ta voix au choeur de nos ancêtres. Quand tu le feras, tu te sentiras comme je me sens maintenant. La voix que tu apporteras te semblera faible et inutile en comparaison de cet immense choeur qui chante pour nous d'au delà de ce monde de chair. Mais n'oublie jamais ceci. Aucun homme n'aurait pu parvenir au sommet de cette colline. Ce que j'ai fait aujourd'hui est plus grand que ce que je n’ai jamais fait, et c'est parce que les hommes qui étaient à coté de moi ne voulaient pas me montrer leur peur. Ils m’aimaient trop.
Quand tu apportes ta voix au chant, cela ressemble à un cri poussé à l’unisson par des milliers d’hommes. Mais quand tu chantes avec...
Oh, mon frère...
Il n'y a aucun son dans le monde qui puisse y être comparé.
Je m'en vais maintenant. Mon dernier souffle.
Je suis si fier de toi.
Ne m'oublie pas.
Je t'attendrai avec nos ancêtres.
Et je veillerai sur toi...
Eternellement…


Lettre d’Akaitchi à son frère Takeo du clan des Otori


Takeo, le samouraï, se sent enfin prêt à quitter son monastère pour partir à la recherche de son frère. La lettre qu’il vient de recevoir a mis plus d’une année à venir jusqu'à lui, à la montagne d’ Hagakure. Ses pas vont l’emmener à défendre les justes qu’il rencontrera sur son chemin. Du désir de se reposer sur la tombe de son frère, il gagnera tout au long de son parcours l’immense sagesse du Bushi en récitant comme une litanie le serment du samouraï.


"Je n'ai pas de parents, je fais des cieux et de la terre mes parents.
Je n'ai pas de demeure, je fais de Tan t'ien ma demeure.
Je n'ai pas de pouvoir divin, je fais de mon honnêteté mon pouvoir divin.
Je n'ai pas de fortune, je fais de ma docilité ma richesse.
Je n'ai pas de pouvoir magique, je fais de ma personnalité mon pouvoir magique.
Je n'ai ni de vie ni de mort, ma vie et ma mort ne font qu'un.
Je n'ai pas de corps, je fais de mon stoïcisme mon corps.
Je n'ai pas de Yeux, je fais du flash de l'éclair mes yeux.
Je n'ai pas d'oreilles, je fais de ma sensibilité mes oreilles.
Je n'ai pas de membres, je fais de ma promptitude mes membres.
Je n'ai pas de lois, je fais de mon autodéfense ma loi.
Je n'ai pas de stratégie, je fais du droit de tuer celui de protéger ma stratégie.
Je n'ai pas de dessein, je fais de la saisie instinctive de l'opportunité mon dessein.
Je n'ai fais pas de miracle, je fais du respect de la loi mon miracle.
Je n'ai pas de principes, je fais de mon adaptation en toutes circonstances mon principe.
Je n'ai pas de tactique, je fais de la vacuité et de la plénitude ma tactique.
Je n'ai pas de talents, je fais de mon esprit prêt à réagir mon talent.
Je n'ai pas d'amis, je fais de mon esprit mon ami.
Je n'ai pas d'ennemis, je fais de l'imprudence mon esprit.
Je n'ai pas d'armure, je fais de ma bienveillance mon armure.
Je n'ai pas de château, je fais de mon esprit inébranlable mon château.
Je n'ai pas d'épée, je fais de mon non-être mon épée."



Tel un ascète sur les routes montagneuses et dangereuses, il accomplira son destin seul respectant la voie du samouraï … Bushido.


La fleur des fleurs est le bourgeon de la fleur du cerisier - le samouraï est l'homme parmi les hommes.
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Rp japan spirit
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